Partie en Crète, Aline attaque sa dernière semaine et nous fait vivre au jour le jour le quotidien du voyageur immobile. Voici le 18e volet des aventures de notre Globe Trotteuse, avec le concours d'Héliades : "Austérité, restrictions et système D"

Nombreux ici ont un membre de la famille fonctionnaire dans la capitale. "Ma fille est institutrice, ils ont diminué son salaire d’un tiers", me dit une mère très inquiète.
"Quand elle a payé son loyer, il lui reste juste de quoi manger, plus question de prendre même le bateau pour me rendre visite."
"Normalement l’hiver nous faisons un bon chiffre d’affaires avec les Grecs", témoigne un des rares tenanciers de café ouverts en cette saison. "Mais là, nous ne voyons personne. Je me demande à quoi va ressembler la saison."
Il n’y a plus d’argent sur les comptes bancaires. Les rentrées officielles, salaires et pensions, sont écimées. Alors on vit avec ce qui était traditionnellement réservé aux études des enfants et à la construction d’un patrimoine bâti : les rentrées annexes.

Et Kostas apporte au bistrot les tomates de la serre en échange de sa consommation de raki.
Localement, on est intelligent et solidaire. Le coût de la vie quotidienne est raisonnable. En fréquentant le « super-market » du coin de la rue, j’ai vécu ici pour moins de 5 euros par jour.
Un plat copieux au restaurant coûte 7 euros. Et j’ai loué une voiture, assurances incluses, pour 25 euros. Mais le diesel est à 1,60 euro !
Tout le monde est inquiet et la joie de vivre n’est pas vraiment au rendez-vous. Le temps est de la partie. Il fait froid. Des remorques de bois font des va-et-vient constants entre la montagne et la plage.
La force reste au fatalisme millénaire de ces descendants de Zeus. "Il y eut un prophète jadis qui s’est isolé dans une grotte juste au-dessus du village, pour prédire de grands malheurs à venir. C’est peut-être maintenant."
Ou peut-être pas, mais bien malin qui peut prédire.
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source: TourMag















