À Paris, la première journée d’IFTM remet en perspective les ambitions du tourisme : préserver l’envie de voyager, rendre les destinations accessibles et mieux prendre soin des territoires. Du bilan estival présenté par Serge Papin au rapprochement entre la République dominicaine et Air France, une même question traverse cette rentrée : comment transformer l’attractivité en bénéfices durables ?

Dès cette première journée, IFTM rassemble les différentes voix du voyage : destinations, agents de voyages, tour-opérateurs, hôteliers, transporteurs et acteurs de la technologie. Chacun vient avec ses perspectives, ses contraintes et des partenariats à construire. L’Ouzbékistan, pays à l’honneur de cette 48e édition, invite à déplacer le regard vers l’Asie centrale, ses villes historiques, son artisanat et son hospitalité. Autour de cet héritage de la Route de la Soie se dessine une ambition contemporaine : faire découvrir un territoire à travers sa culture autant que ses paysages. Aux côtés des destinations françaises et des délégations internationales, dont la République dominicaine, cette présence donne tout son sens au rendez-vous parisien : un lieu où l’on vient présenter une offre, mais aussi nouer les relations qui permettront de la faire vivre.

Le voyage commence bien avant le départ. Dans le choix d’une destination, dans la confiance accordée à un professionnel, dans un budget que l’on ajuste pour s’offrir quelques jours ailleurs. C’est cette réalité, à la fois économique et intime, que le thème d’IFTM 2026 invite à regarder : « La valeur du voyage ».

Ouverte le 15 septembre à Paris Porte de Versailles, la 48e édition réunit jusqu’au 17 septembre les métiers du tourisme autour de cette interrogation. La conférence inaugurale, à laquelle participe Serge Papin, ministre chargé notamment du Tourisme et du Pouvoir d’achat, donne le départ d’une édition mettant l’Ouzbékistan à l’honneur. Une invitation à élargir les horizons, mais aussi à interroger ce qu’une destination transmet à travers ses villes, ses savoir-faire et son hospitalité. 

Pour cette première journée, trois sujets permettent de lire les enjeux de la rentrée : la réalité contrastée de la saison française, les alliances qui facilitent l’accès aux destinations et les technologies qui cherchent à faire évoluer la relation de service.

Une France attractive, des vacances sous arbitrage

Lors de la conférence de presse consacrée à la saison estivale, Serge Papin présente une destination France qui conserve son pouvoir d’attraction. Le texte officiel fait état de 49,5 milliards d’euros de recettes du tourisme international entre janvier et fin juillet 2026. Les clientèles lointaines contribuent à cette dynamique, avec des progressions annoncées pour plusieurs marchés, dont le Mexique, le Canada, la Chine, le Japon et les États-Unis.

Mais derrière les recettes, les comportements invitent à la nuance. Les Français continuent de vouloir partir et adaptent leurs dépenses : un restaurant auquel on renonce, une activité que l’on reporte, des achats que l’on limite.

« Mais ils maintiennent leurs vacances. Et ça, c’est un signal fort : le tourisme reste un besoin essentiel, une respiration. »

— Serge Papin, lors de la conférence de presse à l’IFTM, 15 septembre 2026,

Pour les destinations, l’enjeu dépasse la seule fréquentation. Il touche à la qualité de l’expérience proposée au prix demandé, à l’accessibilité des vacances et à la capacité des entreprises locales à vivre de cette activité. La valeur du voyage se mesure aussi à cet équilibre.

Le calendrier s’élargit, les territoires s’adaptent

Autre évolution soulignée par le ministre : la place croissante des séjours en dehors du cœur de l’été. Dans les données présentées, le taux de départ en juin passe de 15 % à 18 %, tandis que les intentions pour septembre progressent de 20 % à 22 % par rapport à l’année précédente. Il s’agit bien, pour septembre, de perspectives, et non d’un bilan déjà acquis.

Cet étalement ouvre des possibilités pour les territoires : accueillir dans de meilleures conditions, prolonger l’activité et réduire la concentration des flux. Il appelle aussi une organisation adaptée, des services ouverts et des équipes disponibles au-delà des seules semaines de haute saison.

La géographie des vacances évolue elle aussi. Le littoral demeure en tête des espaces fréquentés dans le bilan ministériel, tandis que la montagne bénéficie de dynamiques favorables dans certains territoires. Les situations restent toutefois différentes d’une destination à l’autre. Les contraintes budgétaires, la chaleur et les incendies rappellent combien une saison touristique dépend désormais de facteurs que la promotion ne suffit pas à maîtriser.

Serge Papin annonce ainsi la réunion du Comité de filière tourisme en Nouvelle-Aquitaine début octobre, avec trois chantiers : le tourisme durable, un plan d’urgence et de délestage touristique avec l’appui d’ONU Tourisme, et un deuxième plan consacré aux saisonniers. Des sujets très concrets pour celles et ceux qui accueillent, travaillent et vivent dans les destinations.

Les Outre-mer, une perspective ouverte dès la veille

Cette réflexion avait trouvé un prolongement territorial le 14 septembre, à Bercy, lors du Comité stratégique du tourisme en Outre-mer. Dans cette intervention distincte, Serge Papin avait insisté sur la diversification des clientèles et des expériences, la connectivité aérienne, la valorisation des métiers et l’adaptation climatique.

Visites d’entreprises, patrimoines agricoles, artisanat ou découverte des spiritueux : ces orientations dessinent une offre qui donne davantage de place aux personnes et aux productions locales. Le ministre y a également annoncé la publication d’un guide des financements européens pour le tourisme et défendu des règles mieux adaptées aux réalités ultramarines. L’autonomie énergétique des hébergements, la gestion de l’eau et la biodiversité figurent parmi les solutions mises en avant.

République dominicaine : donner une continuité au lien avec la France

À l’international, la République dominicaine apporte une illustration concrète de cette articulation entre désir de voyage et accessibilité. Le 15 septembre, dans le cadre d’IFTM, David Collado et Air France ont renouvelé leur accord, avec une échéance portée au 1er mai 2027, selon les comptes rendus publiés le jour même.

Les autorités dominicaines annoncent parallèlement trois fréquences hebdomadaires entre Paris-Charles de Gaulle et Punta Cana à partir du 30 novembre 2026. Elles font état de 112 056 touristes en provenance de France entre janvier et août 2026, soit une progression de 14,3 % sur un an. La délégation conduite par David Collado associe à cette stratégie aérienne une présentation de la culture, de la gastronomie et de l’artisanat du pays(1).

L’intérêt d’un tel accord se lit dans la continuité qu’il peut offrir : aux professionnels qui programment les séjours, aux voyageurs qui les préparent, aux acteurs locaux qui en attendent des retombées. Une destination entretient sa place dans l’imaginaire ; elle doit aussi rendre le voyage possible.

La technologie à l’épreuve de la présence humaine

Autre sujet annoncé pour cette édition : l’accueil à distance. Travel Tech Factory et la Vitre présentent une solution d’écran immersif permettant de mettre en relation des interlocuteurs situés dans des lieux différents. Parmi les usages envisagés figurent la conciergerie, l’accueil de plusieurs établissements depuis un même poste et certains échanges professionnels pouvant éviter un déplacement. 

L’intérêt touristique de ces outils se jugera dans l’usage : facilitent-ils réellement l’échange ? Apportent-ils une réponse au bon moment ? Préservent-ils l’attention portée à la personne ? Les économies et les bénéfices environnementaux annoncés devront, eux aussi, être mesurés dans les conditions réelles de déploiement.

Cette première journée offre ainsi plusieurs manières d’aborder une même responsabilité. Soutenir l’attractivité sans perdre de vue le budget des voyageurs. Renforcer les connexions tout en préparant les territoires à accueillir. Innover en gardant une place pour l’écoute.

La valeur du voyage prend corps dans ces décisions. Dans ce qu’un visiteur découvre et emporte avec lui, mais aussi dans ce que son passage laisse à celles et ceux qui l’ont accueilli.

1-  Source : présidence de la République dominicaine