Cannes 2026 | Femmes aux commandes : celles qui décident désormais du cinéma arabe | Tourismag.com
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Si le 79e Festival de Cannes, qui s’est tenu du 12 au 23 mai 2026, s'est achevé il y a quelques jours avec son lot de récompenses et de débats cinéphiles, certaines des discussions les plus révélatrices sur l'avenir du cinéma arabe se sont déroulées loin des tapis rouges. Au Marché du Film, le Centre du cinéma arabe organisait une rencontre intitulée « Femmes aux commandes : leadership et prise de décision dans la région ».

La table ronde était animée par la journaliste Melanie Goodfellow et réunissait des femmes qui occupent aujourd'hui des postes parmi les plus influents de l'industrie audiovisuelle régionale. Samar Akrouk dirige MBC Studios tout en supervisant la production du groupe MBC, l'un des principaux acteurs audiovisuels du monde arabe. Jumana Sharbin est directrice générale des studios Olivewood, l'un des plus importants complexes de tournage de Jordanie. Bavi Yassin a fondé et préside la Commission du film du Kurdistan et venait d'annoncer à Cannes le lancement d'un nouveau fonds destiné à soutenir le cinéma kurde. Baho Bakhsh dirige Red Star Films après avoir produit ou coproduit plus de quarante films dans la région. À leurs côtés se trouvaient également la productrice jordanienne Rula Nasser, fondatrice de The Imaginarium Films, et Mayada Al Hiraki, fondatrice de The Story Tellers.

Autrement dit, il ne s'agissait pas de femmes espérant accéder aux postes de décision. Il s'agissait de femmes qui les occupent déjà.

Le changement le plus important : les récits

Très rapidement, les intervenantes ont cessé de parler d'elles-mêmes pour parler de récits, de financements, de techniciens, de studios, de stratégies régionales et de l'avenir du cinéma arabe.

Lorsqu'on leur a demandé ce qui avait changé depuis leurs débuts dans la profession, les réponses ont d'ailleurs surpris. Pour plusieurs participantes, le changement le plus important ne concerne pas les organigrammes ou les fonctions occupées aujourd'hui par les femmes, mais les histoires qui parviennent désormais à être racontées.

Il y a dix ans encore, les femmes étaient beaucoup moins nombreuses à écrire, réaliser ou produire leurs propres récits. Aujourd'hui, elles disposent davantage des outils nécessaires pour raconter ce qu'elles voient, ce qu'elles vivent et ce qu'elles souhaitent montrer du monde qui les entoure.

Les intervenantes n'ont pourtant jamais défendu l'idée de produire des « films de femmes ». L'une d'elles a insisté sur ce point : ce qui compte n'est pas le genre de la personne qui raconte l'histoire, mais l'authenticité de cette histoire. Pourtant, lorsque davantage de femmes participent à l'écriture, à la réalisation ou aux décisions éditoriales, les perspectives changent naturellement. Les femmes racontent ce qu'elles voient, et cette présence accrue dans les processus de création apporte naturellement de nouveaux regards sur la société, la famille, le travail ou les relations humaines.

Cette évolution est également portée par le public. Plusieurs participantes ont observé que certaines productions récentes ont rencontré un succès inattendu auprès des spectatrices, notamment parmi les plus jeunes générations. Les femmes veulent se voir à l'écran. Elles veulent reconnaître leurs expériences, leurs préoccupations et leurs réalités dans les personnages qui leur sont proposés.

Mais les changements ne concernent pas seulement le contenu des récits. Ils concernent aussi leur circulation.

À cela s'ajoute une autre transformation majeure : les histoires circulent aujourd'hui beaucoup plus loin qu'auparavant. Grâce aux plateformes et à l'internationalisation croissante du secteur, des récits autrefois considérés comme très locaux peuvent désormais voyager dans toute la région et bien au-delà. Pour les intervenantes, cette ouverture représente l'un des développements les plus stimulants de ces dernières années. Les créateurs arabes ne racontent plus seulement leurs histoires à leurs voisins ; ils les racontent désormais au monde entier.

Former les femmes qui prendront les décisions de demain

Si les participantes ont beaucoup parlé des histoires qui arrivent aujourd'hui à l'écran, elles ont également insisté sur une autre condition indispensable : la formation. Car raconter ses propres histoires suppose d'abord d'avoir accès aux métiers qui permettent de les produire.

Plusieurs intervenantes ont expliqué que leur rôle ne consiste pas à orienter les jeunes femmes vers une profession particulière, mais à les aider à devenir ce qu'elles souhaitent réellement être. L'une d'elles a ainsi évoqué le parcours d'une jeune femme de Dubaï qui rêvait de devenir directrice de la photographie. Une autre voulait devenir réalisatrice. Toutes deux ont finalement atteint leur objectif.

Pour ces dirigeantes, la question n'est pas de créer des parcours réservés aux femmes, mais de comprendre les ambitions de chacune et de leur donner les moyens de les concrétiser. Les femmes racontent aujourd'hui davantage leurs propres histoires parce qu'elles sont également plus nombreuses à maîtriser les outils qui permettent de les produire, qu'il s'agisse de réalisation, de production, de direction de la photographie ou de gestion de projets.

Une industrie en pleine croissance

Les participantes ont décrit un secteur de plus en plus dynamique, mais également confronté à une forte demande de professionnels qualifiés. À mesure que les productions se multiplient, les besoins augmentent dans tous les métiers.

La Jordanie illustre parfaitement cette situation. Longtemps considérée comme l'un des principaux centres de services de production de la région, elle dispose aujourd'hui de techniciens très recherchés. Plusieurs travaillent sur des tournages dans différents pays arabes et parfois au-delà. Cette reconnaissance témoigne de la qualité de leur savoir-faire, mais elle crée aussi une situation paradoxale. L'une des intervenantes a raconté qu'il y a encore trois ans, elle peinait à recruter certains techniciens en Jordanie simplement parce qu'ils travaillaient déjà ailleurs.

Cette réalité oblige les professionnels jordaniens à former en permanence de nouvelles générations. La télévision joue d'ailleurs un rôle important dans ce processus, de nombreux talents du cinéma étant issus du secteur audiovisuel.

Cette réalité n'est d'ailleurs pas propre à la Jordanie. En Tunisie également, même si aucune intervenante tunisienne n'était présente pour l'évoquer, il est devenu ces dernières années de plus en plus difficile de recruter certains techniciens et techniciennes expérimentés. Nombre d'entre eux participent aujourd'hui à des tournages dans d'autres pays arabes ou interviennent dans des programmes de formation, notamment en Arabie saoudite. Les professionnels tunisiens ont ainsi eux aussi contribué au développement des nouvelles industries audiovisuelles de la région.

L'Arabie saoudite et l'émergence d'une nouvelle génération

Pour plusieurs intervenantes, le phénomène le plus important ne réside pas seulement dans la croissance rapide du nombre de productions. Ce qui les frappe davantage est l'émergence d'une génération qui, pour la première fois, peut raconter ses propres histoires et les faire entendre.

L'une d'elles a décrit ce moment comme historique. Pendant longtemps, les créateurs saoudiens ne disposaient pas d'une industrie suffisamment développée pour porter leurs récits. Aujourd'hui, une nouvelle génération de scénaristes, de réalisateurs, de producteurs et de créateurs est en train d'émerger. Et pour la première fois, ces histoires trouvent un public.

Cette évolution s'accompagne d'un important effort de formation. Les sociétés de production cherchent à développer les compétences locales tout en s'appuyant, lorsque cela est nécessaire, sur des professionnels venus d'autres pays arabes afin d'accélérer le transfert de savoir-faire.

Pour les intervenantes, cette circulation des talents constitue l'un des signes les plus encourageants de la transformation en cours. Le développement du cinéma arabe ne se joue plus uniquement à l'échelle de chaque pays. Il repose de plus en plus sur un réseau régional de professionnels, de compétences et d'expériences qui se renforcent mutuellement.

Le Kurdistan veut raconter son histoire avec ses propres mots

L'idée de reprendre le contrôle de son propre récit est revenue sous une autre forme lorsque la discussion s'est tournée vers le Kurdistan.

Bavi Yassin, fondatrice et présidente de la Commission du film du Kurdistan, a rappelé qu'elle n'avait pas grandi dans la région. Lorsqu'elle y est retournée, elle a découvert des femmes qui se battaient pour faire leurs films malgré des moyens limités. C'est cette réalité qui l'a convaincue de s'investir dans le développement de l'industrie cinématographique kurde.

Au fil des années, la Commission du film du Kurdistan a apporté des aides financières, un accompagnement technique et un soutien aux cinéastes locaux. Mais l'ambition est aujourd'hui plus grande encore.

Deux jours avant cette rencontre, un nouveau fonds cinématographique a été lancé afin de soutenir des projets capables de porter un regard kurde sur le Kurdistan. L'objectif n'est pas de reproduire des récits construits ailleurs, mais de permettre aux créateurs de raconter eux-mêmes leur société, leur culture et leur histoire.

Le sujet n'est d'ailleurs pas présenté comme une question féminine. Bavi Yassin a insisté sur ce point. Le fonds ne vise pas uniquement les réalisatrices. Il s'adresse à l'ensemble des cinéastes kurdes. La responsabilité qu'elle revendique est d'abord celle de faire connaître le Kurdistan et de lui permettre de raconter son histoire selon sa propre perspective.

Nous allons imposer notre propre récit », a-t-elle affirmé.

Derrière les questions de financement, de formation ou de production se cache souvent une autre ambition : celle de permettre aux sociétés de la région de parler d'elles-mêmes plutôt que de laisser d'autres raconter leur histoire à leur place.

Pour autant, la présence des femmes reste au cœur de cette démarche. Bavi Yassin a expliqué constater que certaines étudiantes en cinéma hésitent encore à se lancer ou doutent de leur place dans l'industrie. Mais lorsqu'elles rencontrent des femmes occupant déjà des fonctions de direction, elles gagnent en confiance. Certaines jeunes femmes viennent aujourd'hui vers la Commission du film du Kurdistan en expliquant qu'elles souhaitent suivre le même chemin.

Cette évolution suppose cependant davantage que quelques exemples individuels. Pour permettre aux femmes d'accéder durablement aux postes de décision, il faut également transformer l'écosystème dans lequel elles travaillent. Il faut leur permettre d'occuper davantage de fonctions importantes sur les plateaux de tournage, dans les sociétés de production, dans les institutions et dans les structures de financement.

Pour les participantes, la question n'est donc plus seulement de savoir si les femmes peuvent intégrer l'industrie audiovisuelle. Elle est de savoir comment leur permettre d'exercer une influence réelle sur les décisions qui façonnent cette industrie.

Repousser les limites sans provoquer un retour en arrière

Si les échanges ont souvent porté sur la formation, les financements ou le développement des industries nationales, ils ont également abordé une question plus délicate : jusqu'où peut-on aller lorsqu'on raconte certaines histoires dans des sociétés où les sensibilités culturelles, religieuses ou sociales restent fortes ?

À ce sujet, plusieurs participantes ont défendu une approche résolument pragmatique.

L'une d'elles a évoqué l'adaptation arabe du film italien Perfetti sconosciuti (2016). Sorti en 2022 sous le titre Ashab wala Aaz, le film avait suscité de vives controverses dans plusieurs pays arabes en raison de certains thèmes abordés, notamment la sexualité, les relations de couple et l'homosexualité. Pourtant, de nombreuses modifications avaient déjà été apportées afin d'adapter l'œuvre aux réalités sociales de la région. Cette expérience lui a surtout rappelé à quel point les producteurs arabes doivent souvent faire preuve d'une créativité supplémentaire. Ils doivent non seulement produire des films et développer des histoires, mais également naviguer entre les attentes du public, les sensibilités locales et leur volonté de repousser certaines limites.

Selon elle, le changement ne se fait pas par de grandes ruptures. Il se construit progressivement.

Les producteurs avancent par « baby steps », par petits pas. L'objectif est de faire évoluer les choses sans provoquer un rejet qui risquerait ensuite de faire reculer les débats. Il s'agit de pousser les frontières, mais sans aller jusqu'au point où la société refuserait d'écouter.

Cette réflexion a trouvé un prolongement particulièrement concret dans le cas d’Inshallah a Boy (2023), premier long métrage de fiction d'Amjad Al Rasheed. Présenté au Festival de Cannes 2023 dans la section de la Semaine de la Critique, le film suit Nawal, une jeune veuve jordanienne qui découvre qu'en l'absence d'un héritier masculin, elle risque de perdre une partie de ses droits et de ses biens au profit de la famille de son mari. À travers son parcours, le film interroge notamment la place des femmes dans la société jordanienne et les conséquences des règles successorales sur leur vie quotidienne.

La productrice Rula Nasser a expliqué que le développement du projet avait été particulièrement complexe. Pendant des années, les écrans arabes ont souvent proposé des représentations stéréotypées des femmes. Avec Inshallah a Boy, l'ambition était de raconter une autre histoire et de porter un autre regard.

Mais cette ambition s'est accompagnée d'une réflexion permanente sur les limites à ne pas franchir trop brutalement.

Le scénario a ainsi continué à évoluer jusqu'à une période très proche du tournage. Deux mois avant le début de la production, des modifications étaient encore apportées au texte. L'équipe s'interrogeait notamment sur la manière d'aborder les questions liées aux règles successorales, sujet particulièrement sensible puisqu'il touche à des dispositions explicitement présentes dans le Coran.

Pour Rula Nasser, ces ajustements ne constituaient pas un renoncement. Au contraire.

Elle a expliqué être aujourd'hui satisfaite des choix finalement retenus, estimant qu'ils avaient permis au film de transmettre plus efficacement le message recherché. L'objectif n'était pas d'éviter le sujet ou de contourner le problème, mais de trouver la meilleure manière de l'aborder afin que le public reste à l'écoute.

Elle a également tenu à rappeler qu’Inshallah a Boy n'était pas un projet porté uniquement par des femmes. Le réalisateur Amjad Al Rasheed est un homme. Pourtant, selon elle, il comprenait parfaitement les enjeux du film et partageait pleinement la volonté de faire passer ce message.

Cette remarque a conduit à une autre réflexion importante. Les participantes ont insisté sur le fait que les histoires de femmes ne doivent pas nécessairement être racontées uniquement par des femmes. Ce qui compte avant tout est la sincérité du regard porté sur ces sujets et la capacité du film à porter une parole authentique.

Elles ont toutefois reconnu qu'un nouveau phénomène est apparu ces dernières années. Les récits centrés sur les femmes occupent désormais une place importante dans de nombreux festivals occidentaux. Cette évolution ouvre des opportunités, mais elle peut également créer des effets pervers.

L'une des intervenantes a ainsi observé que certains réalisateurs masculins se tournent aujourd'hui vers des histoires de femmes parce qu'ils savent qu'elles circulent plus facilement dans les festivals ou attirent davantage l'attention des financeurs et des distributeurs.

Le défi consiste à trouver un équilibre entre la création artistique, la sincérité du propos et les réalités du marché. Une histoire consacrée à une femme ne devient pas automatiquement pertinente parce qu'elle correspond à une tendance du moment. Comme pour n'importe quel autre sujet, la qualité du récit demeure le critère essentiel.

Pour ces productrices, le rôle consiste donc à identifier les véritables talents, les histoires qui méritent réellement d'être racontées, les réalisateurs capables de les porter et les équipes techniques aptes à leur donner vie. Dans plusieurs pays, ont-elles rappelé, certaines compétences font encore défaut et doivent parfois être importées tout en formant parallèlement une nouvelle génération de professionnels locaux.

Le sujet traité par un film est important. Mais il ne remplace jamais la qualité du regard porté sur ce sujet, ni la capacité d'un réalisateur ou d'une réalisatrice à le transformer en véritable œuvre de cinéma.

 N'utilisez jamais la carte de la femme. Utilisez la carte du cerveau »

La fin de la rencontre a peut-être réservé le moment le plus inattendu de toute la discussion.

Alors que le panel était consacré aux femmes occupant des postes de direction et de décision, une compositrice canado-arabe présente dans la salle a pris la parole pour partager une expérience personnelle qui a surpris une partie de l'assistance. Selon elle, elle s'est souvent sentie davantage respectée dans son travail lorsqu'elle collaborait avec des productions arabes que dans son pays d'origine. Dans le monde arabe, a-t-elle expliqué, les producteurs la choisissent ou non en fonction de ses compétences musicales. Au Canada, elle a parfois eu le sentiment que la question du genre occupait une place plus importante dans les processus de sélection. Certains responsables semblent d'abord se demander s'ils souhaitent engager une femme ou un homme avant d'évaluer les compétences du candidat. Dans son expérience du cinéma arabe, la question qui se pose est plus simplement : est-elle la bonne personne pour le projet ?

Cette intervention a trouvé un écho immédiat chez plusieurs participantes.

Depuis le début de la rencontre, les intervenantes parlaient de femmes occupant des postes de direction, de femmes qui produisent, financent, forment, développent des studios ou créent des fonds. Pourtant, aucune d'entre elles n'avait réellement adopté un discours fondé sur la victimisation ou sur la revendication identitaire.

La prise de parole de Baho Bakhsh a alors donné une forme particulièrement claire à cette position. La productrice et directrice générale de Red Star Films a expliqué qu'elle ne souhaitait pas être perçue comme une « femme leader ». Elle souhaite être perçue comme un leader. Un leader fort. Quelqu'un dont les décisions, les idées et les résultats sont évalués pour ce qu'ils sont, indépendamment de son genre.

Elle a reconnu l'utilité de ce type de rencontres. Si elle accepte d'y participer, c'est parce qu'elle estime important d'encourager les jeunes femmes qui souhaitent suivre le même chemin. Voir des femmes à la tête de studios, de sociétés de production ou d'institutions peut donner confiance à celles qui hésitent encore à se lancer. Mais elle a immédiatement ajouté que cela ne devait pas devenir une identité professionnelle. Selon elle, une erreur consiste à faire de son statut de femme son principal argument. Puis elle a lancé la phrase qui a probablement le plus marqué cette rencontre :

Never use the woman card. Use the brain card. »

Autrement dit :

n'utilisez jamais la carte de la femme. Utilisez la carte du cerveau ».

Le message était direct.

À ses yeux, une professionnelle qui s'appuie constamment sur son genre finit par s'enfermer elle-même dans une catégorie dont il devient ensuite difficile de sortir. Une fois que l'on demande à être jugée d'abord comme une femme, on risque de ne plus être jugée comme une dirigeante, une productrice ou une créatrice. Elle a encouragé les jeunes femmes à suivre leur instinct, à développer leurs compétences, à défendre leurs idées et à construire leur légitimité à travers leur travail.

Cette prise de position n'a évidemment pas effacé les difficultés évoquées tout au long de la rencontre. Les participantes ont parlé de formation, d'accès aux responsabilités, de manque de compétences dans certains secteurs et de la nécessité d'accompagner les nouvelles générations. Mais elle a offert une conclusion révélatrice de l'état d'esprit qui dominait ce panel. Pendant plus d'une heure, ces femmes ont parlé de récits, de techniciens, de financement, de studios, de marchés, de stratégies et d'industries culturelles. Elles ont parlé de ce qu'elles construisent et des décisions qu'elles prennent.

Et lorsque la discussion est revenue à la question du genre, la réponse la plus forte n'a peut-être pas été une revendication, mais une invitation à dépasser cette question sans jamais oublier pourquoi ces rencontres continuent malgré tout d'exister : permettre à d'autres femmes de voir que ces postes leur sont désormais accessibles.

 

 

 

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